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AN 2 9144 Vallée des Pleurs Schütz Bach Praetorius

La Vallée des pleurs: Schütz, Bach, Praetorius

Date de sortie 18 septembre 2015
Numéro de l'album AN 2 9144
Periodes Baroque
Genres Chant sacré

Ils en ont parlé

Informations sur l'album

LA VALLÉE DES PLEURS

Musikalische Exequien (SWV 279-81) d’Heinrich Schu?tz (1585 – 1672) est peut-être l’oeuvre la plus saisissante du plus important compositeur allemand du 17e siècle. Les trois pages formant ces « Obsèques musicales » ont été écrites par le Kapellmeister de Dresde pour les funérailles d’Herr Heinrich Posthumus Reuß (né en 1572), un membre de la petite noblesse dans la seigneurie duquel était né Schu?tz, avec lequel il entretint une amitié respectueuse tout au long de sa vie. D’après les documents dont nous disposons, nous savons que le très religieux Posthumus (nommé ainsi parce que né deux mois après la mort de son père), parfaitement conscient de sa mortalité, avait conçu son propre cercueil et l’avait construit en secret un an avant son décès le 3 décembre 1635.

Les textes bibliques et le choral qui ornait celui-ci ont par la suite été mis en musique par Schu?tz dans le premier élément des Exequien, donné au début du service mortuaire le 4 février 1636. Dans la préface de l’édition 1636 de l’oeuvre, Schu?tz écrit : « Tous ces passages des Écritures saintes et vers tirés d’hymnes chrétiens que sa défunte Grâce avait archivés et inscrits sur l’extérieur du couvercle et des deux côtés, de même qu’à la tête et au pied de son cercueil construit en secret de son vivant, sont ici réunis et transformés en un concerto, qui reprend la forme de la Missa allemande, en s’inspirant des Kyrie, Christe, Kyrie Eleison ; Gloria in excelsis ; Et in terra pax, etc. latins. » Cela offre une remarquable structure musicale au premier « mouvement » de cette oeuvre, une représentation sonore unique, richement variée, des textes sacrés dans lesquels le défunt s’était littéralement enveloppé. Posthumus avait aussi choisi le thème de son sermon, « Herr, Herr, wenn ich nur dich habe » (Ps. 73:25), psaume que Schu?tz transforma en un plus traditionnel motet à huit voix, chanté juste après le sermon.

Peu de pièces du répertoire peuvent atteindre la profonde force rhétorique du concerto final des Exequien. Il s’ouvre sur une lecture du ténor du Cantique de Siméon (Luc 2:29), « Herr, nun lässest du deinen Diener in Friede fahren » (Seigneur, maintenant laisse ton serviteur partir en paix), également prescrit par le défunt, et continue avec le texte dans un traitement à cinq voix. Soudainement, le niveau sonore chute et, vraisemblablement d’un lieu caché de l’église, entre un deuxième choeur formé de deux sopranos solistes et d’une basse chantant un texte différent (Rév. 14:13) : « Selig sind die Toten, die in dem Herrn sterben » (Bienheureux sont les morts qui meurent en Dieu). Schu?tz décrit cet ensemble comme la beata anima cum seraphinis, les sopranos représentant les séraphins et la basse l’Esprit-saint. La congrégation connaissait la réputation de Posthumus, une excellente basse, et ils ont ainsi eu l’impression de l’entendre chanter éternellement dans le choeur céleste.

En tant que Konzertmeister à la cour de Weimar, J. S. Bach devait composer une nouvelle cantate chaque mois pour son employeur, le duc Wilhelm Ersnt. La cantate « O heilges Geist – und Wasserbad » (BWV 165) a été écrite pour être donnée à la Schloßkapelle de Weimar le dimanche de la Trinité, 16 juin 1715. Dans un modeste style de chambre pour quatre solistes (SATB), avec petit ensemble instrumental et choeur final, la cantate est basée sur un texte tiré de l’Evangelisches Andachts-Opffer de Salomon Franck, publié la même année, leçon sur le péché originel, le baptême, la foi et le salut – un résumé de la vie chrétienne en un seul livre. La musique reflète le style d’antan de Bach – avec une absence d’arias da capo – et on peut remarquer que le texte du choral et la mélodie du choeur final – « Sein Wort, sein Tauf, sein Nachtmahl » – peuvent aussi être entendus dans la première section des Musikalische Exequien de Schu?tz.

Les deux autres pièces au programme sont de simples harmonisations de deux hymnes chantés à la fin des funérailles d’Heinrich Posthumus, tirés du 18e volume de l’exhaustif Musae Sioniae de Michael Praetorius (Wolfenbu?ttel, 1610). La mélodie de « Mit Fried und Freud ich fahr dahin », peut-être le choral funéraire le plus populaire de l’Église luthérienne, a été composée par le Réformateur lui-même, Martin Luther, sur sa paraphrase allemande du Cantique de Siméon. Conjuguant assurance et admonestation luthériennes, l’anonyme « Hört auf mit Weinen und Klagen » qui a conclu le service implore les fidèles de mettre de côté leur chagrin et de puiser leur courage dans les joies promises de l’au-delà.

© Gregory S. Johnston
Traduction : Lucie Renaud

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À propos

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