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AN 2 9298 – Escale à Buenos Aires – Louise Bessette

Un piano autour du monde: Escale à Buenos Aires

Compositeurs
Date de sortie 15 avril 2022
Numéro de l'album AN29298
Periodes Autres
Genres Piano | Violon | violoncelle

Informations sur l'album

ESCALE À BUENOS AIRES – ASTOR PIAZZOLLA (MAR DEL PLATA, 1921 – BUENOS AIRES, 1992)

Après les Caraïbes de Wim Statius Muller, c’est vers l’Argentine d’Astor Piazzolla que se tourne la pianiste Louise Bessette pour le deuxième volet de sa série  « Un piano autour du monde », qui explore une autre musique sophistiquée aux racines populaires. L’œuvre du compositeur et bandonéoniste argentin Astor Piazzolla est un bel exemple du métissage culturel qui caractérise un vingtième siècle dont le développement passe du modernisme au postmodernisme, ou, pourrait-on dire plus simplement, qui est en perpétuel renouvellement, s’employant sans cesse à faire du neuf avec du vieux. Le métissage est une conséquence directe de la découverte de l’autre, qui survient pour le jeune Astor à l’âge de trois ans, lorsque ses parents émigrent de Mar del Plata vers New York. Si Vincente, le père, y emporte avec lui son amour du tango, son fils découvre, s’échappant par la fenêtre d’un voisin qui la répète chaque jour durant des heures, la musique de Bach. Ce voisin, c’est le pianiste d’origine hongroise Bela Wilda, qui deviendra le professeur du jeune Astor. Il ne ressent pas d’attirance particulière à ce moment-là pour les tangos de Carlos Gardel ou Julio De Caro qui résonnent à la maison, préférant les Mozart et Schumann qu’il répète avec son professeur. Ce dernier lui fait à l’occasion jouer du Bach sur le bandonéon que lui a offert son père.

En 1936, la famille retourne à Mar del Plata, où l’adolescent se découvre finalement une passion pour le tango à la faveur d’un concert de l’ensemble du violoniste Elvino Vardaro, qui lui fait voir le genre sous un autre angle. Piazzolla forme bientôt son propre ensemble avant d’envisager une carrière professionnelle à Buenos Aires, où il se frotte aux meilleurs bandonéonistes et devient arrangeur, tout en suivant des cours de composition avec Alberto Ginastera.

Après avoir reçu un premier prix de composition pour sa pièce Sinfonia Buenos Aires, bien peu prisée des amateurs de tango, il recevra une bourse lui permettant de s’installer à Paris en 1954 pour étudier auprès de la grande pédagogue Nadia Boulanger. C’est elle qui le persuadera de laisser parler ses racines, fût-ce avec le langage de la modernité. Les portes du nuevo tango s’ouvrent.

C’est pendant une série de concerts en Amérique centrale, en 1959, qu’il apprend le décès de son père. Revenu à New York à la fin de la tournée, il se souvient de Nonino, une pièce écrite pour son père cinq ans plus tôt, alors qu’il était à Paris, et dont Adíos Nonino est une nouvelle mouture. L’éloignement du pays, la déprime suite à une tournée insatisfaisante et cette tragique disparition accidentelle déposent sur la musique les teintes tenaces de la mélancolie.

Les pièces qui forment Las cuatro estaciones porteñas (Les quatre saisons de Buenos Aires) ont été composées de manière indépendante sur une période de cinq ans, entre 1965 et 1970, et n’en sont venues à être considérées comme une suite qu’après que Piazzolla les ait présentées comme telle en concert. Elles ont connu de nombreux arrangements et celui qui est présenté ici, pour violon, violoncelle et piano, est de José Bragato, qui fut violoncelliste principal au sein de l’Orchestre philharmonique de Buenos Aires, celui-là même dont Piazzolla suivait les répétitions dès qu’il le pouvait, alors qu’il se rêvait encore comme un nouveau Stravinski. Le violoncelle de José Bragato, qui n’avait guère de place dans l’ancien, a contribué à forger le son du nuevo tango dans plusieurs ensembles de Piazzolla.

Le grand tango a été écrit en 1982 pour Mstislav Rostropovich. Le violoncelliste, qui ne connaissait vraiment ni le compositeur, ni le tango, ne fut guère empressé de l’interpréter. Ce n’est qu’en 1990 que l’occasion se présentera et alors c’est le compositeur lui-même qui donnera à Rostropovich des indications sur la façon d’aborder ce genre nouveau pour lui. L’œuvre est en un seul mouvement qui contient trois sections dont la dernière, marquée « giocoso », est très énergique et donne du fil à retordre aux meilleurs violoncellistes. Rostropovich l’a enregistré en 1996.

Oblivion (Oubli) également de 1982 faisait partie de la bande sonore du film de Marco Bellocchio Enrico IV (1984), dont elle évoque le thème, le personnage central du film étant frappé d’amnésie suite à un accident. Il s’agit sans l’ombre d’un doute d’un des tangos les mieux connus du compositeur. Sa mélodie ancrée dans la nostalgie a fait l’objet de dizaines d’arrangements.

Originellement écrite pour  flûte et guitare, comme les premiers tangos cent ans plus tôt, Histoire du tango (1985) trace en quatre mouvements l’itinéraire d’une culture populaire qui a quitté les établissements mal famés qu’elle fréquentait au début du siècle pour s’établir après quelques décennies sur les grandes scènes du monde.

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À propos

Louise Bessette
AN 2 9298 – Escale à Buenos Aires – Louise Bessette
AN 2 9298 – Escale à Buenos Aires – Louise Bessette
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