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AN 2 2005

Oratorios italiens: Vivaldi, Scarlatti, Caldara, Zelenka

Date de sortie 16 septembre 2008
Numéro de l'album AN 2 2005
Periodes Baroque
Genres Musique vocale

Informations sur l'album

Dès la seconde moitié du XVIIe siècle le mot  » oratorio  » servait à décrire le nouveau genre musical qui accompagnait les services de prière dans les oratoires, en Italie. Ces oratorios étaient des mises en musique de textes tirés de la Bible, d’hagiographies ou d’allégories morales. Les premiers oratorios étaient généralement des œuvres d’assez petite envergure, généralement composés de deux sections entre lesquelles on prononçait un sermon.

Au tournant du XVIIIe siècle, les oratorios étaient de plus en plus produits dans des lieux séculiers, en particulier dans les palais de la noblesse. On y avait remplacé les sermons du milieu par des rafraîchissements d’intermède. Dans sa forme et son contenu, l’oratorio du haut-baroque était presque impossible à distinguer de l’opéra. Les livrets puisaient toujours dans les sujets bibliques ou allégoriques, mais ils étaient souvent aussi dramatiques que les livrets d’opéra. C’est principalement dans la présentation que l’oratorio se distinguait de l’opéra : bien que l’oratorio ait souvent été chanté devant des décors en trompe-l’œil très élaborés avec parfois quelques accessoires, il n’était pas autrement mis en scène.

Le compositeur originaire de Bohême Jan Dismas Zelenka avait étudié en Italie et Vienne avant de prendre le poste de Compositeur d’église à la cour de Dresde. Il a composé trois oratorios pour la cour, dont Gesù al Calvario en 1735. Les oratorios donnent un aperçu d’un Zelenka expressif, mais dont la virtuosité si caractéristique et le style quelque peu excentrique sont bien en évidence. Les arias  » Se in te fosse viva fede  » et  » A che riserbano  » sont chantées par San Giovanni.

Antonio Vivaldi a composé quatre oratorios dont un seul nous est parvenu. Juditha triumphans a été écrit en 1716 pour des représentations à la Pietà. Le livret de Giacomo Cassetti raconte l’histoire de Judith telle que rapportée dans le livre éponyme de l’Ancien Testament. Dans la version de Cassetti, qui prend quelques libertés avec l’histoire, Judith supplie Holopherne — qui assiège la ville juive de Béthulie — de faire la paix. Holopherne tombe amoureux de Judith sur-le-champ et l’invite à partager le repas avec lui. Ivre d’avoir trop bu de vin, il s’endort. Judith lui tranche la tête avec l’épée même de l’ennemi et s’enfuit, libérant du même coup Béthulie et ses habitants. L’aria  » Noli, o cara  » est chantée par Holopherne languissant d’amour pour Judith, accompagné assez originalement par un hautbois et un orgue obligé. Dans l’air  » Agitata infido flatu « , l’accompagnement aux cordes dépeint les battements d’ailes d’une hirondelle qui tente de voler contre un vent violent. Comme la partition manuscrite de Juditha triumphans ne comporte ni sinfonia d’ouverture, ni  » introduzione « , nous avons choisi d’inclure l’un des nombreux concertos pour cordes de Vivaldi.

Alessandro Scarlatti était un compositeur remarquablement prolifique. Il partageait ses activités professionnelles entre Naples et Rome, bien qu’il composât la plupart de ses oratorios pour Rome. Cain ou Il primo omicidio a été le seul oratorio qu’il écrivit pour Venise, en 1707. Le livret anonyme reprend l’histoire de Caïn et d’Abel tel que raconté dans la Genèse. Les arias de Caïn expriment une variété d’émotions allant de la détermination au remords. L’introduzione en trois mouvements qui ouvre l’oratorio est un véritable concerto pour violon en miniature.

Antonio Caldara a joui d’un succès considérable comme compositeur d’opéras et d’oratorios à Venise et à Rome avant de gagner Vienne en 1715 pour entrer au service de l’empereur Charles VI. Il fournissait à la cour un ou deux oratorios à chaque temps de Carême. L’oratorio La Passione di Gesù Cristo Signor Nostro a été présenté durant la Semaine sainte en 1730.  » Giacchè mi tremi in seno  » est l’air d’ouverture chanté par un Pierre tourmenté.

© Charlotte Nediger
Traduction : Jacques-André Houle

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À propos

AN 2 9765-6
Tafelmusik Baroque Orchestra
AN 2 9765-6
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