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Denis Gougeon

Denis Gougeon

Parmi les compositeurs contemporains du Québec, Denis Gougeon se distingue par sa musique à la fois exigeante et accessible, une musique dynamique, énergique, aux cellules mélodiques riches, prenantes.

En Amérique comme en Europe et au Japon, elle a soulevé l’intérêt tant chez la critique que chez le public. Gougeon, qui fuit les étiquettes sinon celle de «couturier des sons», considère que «la communication est l’essence même de la création» et qu’ainsi «toute oeuvre doit viser à toucher l’autre». Avec plus de soixante-dix oeuvres pour ensemble et soliste à son actif—dont une quinzaine ont déjà été endisquées—Denis Gougeon est un des rares compositeurs québécois à pouvoir se consacrer entièrement à son travail créateur.

Il est né à Granby—un peu à l’est de Montréal—en 1951. Adolescent, il commence par apprendre seul la guitare, et ensuite entreprend des études en musicologie à l’École de musique Vincent d’Indy à Montréal. Puis, à la Faculté de Musique de l’Université de Montréal, il étudie la composition au baccalauréat et à la maîtrise, recevant entre autres l’enseignement d’André Prévost et de l’influent Serge Garant. Au cours des années quatre-vingt, il compose, développe son langage, tout en s’impliquant vigoureusement dans le milieu musical montréalais: il enseigne à l’Université de Montréal et à McGill, livre des chroniques à l’émission Musiques actuelles à Radio-Canada et fait partie de l’équipe des Événements du neuf, cet organisme qui, de 1982 à 1990, a si bien réussi à décloisonner la musique contemporaine.

Il se constitue aussi un réseau d’interprètes qu’il associe à son travail créateur et qui seront pour lui de précieux ambassadeurs. En 1988, alors que plusieurs de ses compositions ont été jouées au Canada, aux États-Unis et en Europe, Radio-Canada choisit sa pièce Heureux qui comme… pour participer à la Tribune internationale de l’Unesco à Paris et, la même année, la Société de Musique Contemporaine du Québec (SMCQ) met la pièce à son programme pour une importante tournée européenne. À partir de ce moment, la carrière de Denis Gougeon prend de l’ampleur: l’année suivante, l’Orchestre symphonique de Montréal l’invite à être son premier compositeur en résidence. Lorsque Montréal, en 1992, fête son 350e anniversaire, c’est à Gougeon que l’on fait appel pour une importante oeuvre commémorative: Un fleuve, une île, une ville. C’est la même année que le Nouvel Ensemble Moderne (NEM) lui consacre un important concert intitulé Autour de Denis Gougeon, à l’occasion duquel on crée son «cycle astronomique», Six Thèmes solaires. Et en 1993, les Percussions de Strasbourg et le NEM créent Un train pour l’enfer au prestigieux festival Musica 93 qui se tient dans la capitale alsacienne. Parmi ses plus récentes compositions, mentionnons Primus Tempus, le Piano muet, et un concerto pour piccolo et orchestre créé en 1997 par Lise Daoust.

Denis Gougeon travaille en ce moment à un concerto pour piano pour Richard Raymond et à un concerto pour guitare pour Alvaro Pierri. Il a créé récemment la bande son de Sexe, drogues et rock and roll d’Éric Bogosian au Théâtre de Quat-Sous. Quant à sa rencontre avec le Théâtre UBU, c’est en 1993, à la demande de Denis Marleau (metteur en scène) que Denis Gougeon a commencé à composer pour la scène: sa musique originale pour Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès lui a valu d’être primé par l’Association québécoise des critiques de théâtre et de remporter le Masque 1994 de l’Académie québécoise du théâtre. Toujours pour Denis Marleau et le Théâtre UBU, il a signé les musiques de scène de Maîtres anciens d’après Thomas Bernhard (1995), du Passage de l’Indiana de Normand Chaurette (1996) et de Nathan le Sage de Lessing, spectacle d’ouverture du Festival d’Avignon 1997, créé dans la célèbre Cour d’honneur du palais des Papes.

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