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Friedrich Kuhlau

Friedrich Kuhlau

Friedrich Kuhlau était de son vivant un compositeur important de musique pour la flûte, l’instrument préféré des gentilshommes amateurs du début du XIXe siècle. Le grand écrivain romantique allemand Jean Paul, dans sa biographie inachevée de 1804-1805, disait de la flûte qu’elle est un « bâton magique, qui, lorsqu’elle le touche, transforme le monde intérieur de l’auditeur ; c’est une baguette de sourcier qui sonde les profondeurs de l’âme. » Des personnages aussi disparates que Schopenhauer et Berlioz trouvaient plaisir à jouer de l’instrument et sa grande popularité assurait des ventes aux éditeurs. La trentaine de pièces pour flûte composées par Kuhlau lui a valu plus de succès financier que la somme de toutes ses autres compositions, y compris sa prestigieuse musique de scène pour Elverhøf (1828), pièce de théâtre de style romantique national écrite par Heiberg.

Kuhlau est né en 1786 dans une petite ville de province située entre Hanovre et Hambourg. Son père, son grand-père et son oncle étaient tous hautboïstes de régiment. Kuhlau s’est mis au clavier à la suite d’un terrible accident qui l’a vu trébucher et tomber sur une bouteille de verre brisée, le rendant aveugle de l’oeil droit. Kuhlau dira plus tard de l’accident que cela avait été un vrai coup de chance puisque pendant sa convalescence, ses parents lui avaient permis de jouer du clavier. Kuhlau séjourne quelque temps à Hambourg en tant que pianiste et instituteur, mais s’enfuit à Copenhague lorsque Napoléon occupe la ville en 1810. Il continue à gagner sa vie en tant que professeur et compositeur et commence à jouir de ses premiers succès lyriques. En 1825, il se rend en visite à Vienne et y rencontre notamment Beethoven et le pianiste Conrad Graf. Apparemment, Kuhlau et Beethoven s’entendaient plutôt bien ; ils se sont échangés des canons en souvenir de leur rencontre et Kuhlau reçut de Beethoven un portrait lithographié de lui-même signé de sa main. Dans l’un des cahiers de conversation de Beethoven, Schlesinger écrit : « Kuhlau est un homme talentueux, n’est-ce pas ? Un cyclope ! Son unique oeil est près de son nez, ne l’as-tu pas remarqué ? Il doit être grand buveur, car il ne se saoule pas facilement ! » Les dernières années de Kuhlau à Copenhague ont été marquées par la maladie et les problèmes financiers. Un incendie dévastateur a détruit aussi plusieurs de ses pièces musicales et endommagé de façon permanente ses poumons, ce qui a mené à sa mort en 1832.

Erin Helyard, © 2018
Traduction française : Hélène Montpetit

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